top of page

La Décentralisation Dramatique- Épisode 1 (suite) - Une histoire de couple

  • vincentgatel
  • 10 avr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 avr.

Épisode 1 (suite) : Fondation du couple création/démocratisation et premiers pas de la Décentralisation Dramatique


L’apport du Front populaire

La crise économique qui va toucher le spectacle vivant dans les années 30 est dû à la concurrence du cinéma parlant et de la radio. Dans le même temps, on assiste à un puissant mouvement de réappropriation populaire de la culture, où le parti communiste va jouer un rôle central. Les deux combinés, amèneront le gouvernement du Front Populaire, sous l’impulsion de Jean Zay et de Léo Lagrange, à prendre deux initiatives décisives dans le secteur théâtral : d’une part, l'aide à des jeunes compagnies soucieuses de populariser, en dehors de Paris, un travail de création (parmi elle le « Théâtre des 4 saisons » fondée notamment par Jean Dasté), et, d’autre part, la commande d'un rapport à Charles Dullin sur le théâtre populaire. Ce rapport met en avant les principes d’une décentralisation dramatique, comme étant l'outil privilégié de renouer le contact entre le public populaire et le théâtre. Il représente une sorte de systématisation sur un plan national de l'expérience des Copiaus en Bourgogne, et dans une moindre mesure celle des Comédiens Routiers. Mais aucun crédit ne sera débloqué.

 

Toutefois ces deux initiatives décisives du Front Populaire, trouveront, paradoxalement leur prolongement sous Vichy.

 

L’héritage de Vichy

La pensée décentralisatrice au niveau de l'État s'affirme sous Vichy dans un contexte politique radicalement différent. Néanmoins, on repère des inspirateurs identiques, tel que Dullin. Mais si rien de concret ne se passera du côté de l'administration des Beaux-Arts, une autre administration, celle de la Jeunesse, donnera les moyens à un début de décentralisation grandeur nature, à travers l’association Jeune France. La mise en place de cette association est une tentative de décentralisation à l'échelle nationale, avec l'ambition de développer une politique artistique à destination de tous les publics. Jean Dasté, Maurice Jacquemont, ainsi que Léon Chancerel, participeront à cette aventure.

 

A la fin de l'année 1941, après un an de fonctionnement, l'association joue presque le rôle d'une direction générale des arts et des lettres, et commence à réaliser en partie le programme de décentralisation théâtrale tel qu'il sera élaboré à partir de la Libération. Mais Jeune France s'autodissoudra en 1942 parce qu'elle se refusera à intervenir sur un terrain plus directement politique, et la plupart de ses cadres rentreront dans la Résistance.

La force de Jeanne Laurent, après la guerre, sera d'une part, d'avoir à sa disposition un vivier de jeunes compagnies parmi lequel elle pourra choisir les premières troupes de la décentralisation ; et d'autre part de pouvoir s'appuyer à la fois sur une réflexion décentralisatrice qui s'est progressivement enrichie et sur un début de réalisation.


Photo : Charles Dullin Par Studio Harcourt — Cette image provient de la bibliothèque en ligne Gallica

Commentaires


bottom of page