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La Décentralisation Dramatique - Épisode 3 - Une histoire de couple

  • vincentgatel
  • 15 avr.
  • 2 min de lecture

Épisode 3 : 1958-1968 : Premières frictions mais la conquête se poursuit

 1958 : arrivée de De Gaulle au pouvoir, et de Malraux aux Affaires Culturelles

1968 : déclaration de Villeurbanne des directeurs des théâtres populaires


La sédentarisation

La création du Ministère des Affaires Culturelles et l'arrivée de Malraux à sa tête se traduit par le renforcement de la politique de décentralisation dramatique. Ce renforcement s'accentuera avec la naissance des Maisons de la Culture où il sera demandé aux directeurs des Centres dramatiques et des Troupes Permanentes d'inventer ces Maisons. Cette association résoudra le problème du lieu afin que les Centres puissent mettre en œuvre leur nouvelle conception de la décentralisation. Ils recruteront ainsi un public de plus en plus nombreux dans leurs villes centres. Mais en réduisant l'itinérance au profit de la sédentarisation pour améliorer les conditions de la création, les centres se déconnecteront d'un public en ne jouant plus dans les petites localités.

Pour compenser le fait de renoncer à tourner leurs spectacles dans les salles mal équipées des petites villes, les centres tentent d'apporter des solutions car ils savent qu'une partie de leur mission de démocratisation se joue sur ce terrain- là.

C'est ainsi que La Comédie de Saint Étienne acquiert un chapiteau qui permettra de continuer à tourner sans que les contraintes des salles visitées pèsent sur le choix, la conception, et l'exécution des spectacles et où la permanence de l'espace garantirait les qualités de la représentation. L'expérience va durer trois saisons de l'été 58 à l'été 60. Y seront joué, notamment, « Le songe d'une nuit d'été" de Shakespeare, "Homme pour Homme" de Brecht, et "Le Bourgeois gentilhomme" de Molière. Quand il fait beau, un public vient nombreux et les spectacles se jouent dans une atmosphère de fête. Mais l'opération devra être abandonnée car elle coûte trop cher.

Une seconde expérience sera tentée, toujours par la Comédie de Saint Étienne, avec la constitution d'une seconde troupe, dite "troupe tréteaux" pour animer les localités de 1200 à 1500 habitants durant la saison. Elle monte un répertoire comprenant peu d'acteurs et se déplace munie d'un matériel léger. Mais très vite ils s'apercevront qu'ils n'ont pas les moyens financiers, ni l'organisation nécessaire pour faire fonctionner deux troupes. " A notre grand regret, et à celui du public populaire que nous ne pouvions visiter qu'avec l'équipe légère, nous renonçons aux Tréteaux" reconnaît Jean Dasté.

Aussi le couple création/démocratisation connaît ses premières frictions.


Photo : Le Général de Gaulle, André Malraux et Gabriel Monnet à la Maison de la Culture de Bourges en 1965 - Archives départementales du Cher

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